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Femmes au moulin, exposition collective et poésie : la mémoire féminine à travers le temps et l’ouvrage.

Ce projet gravite autour de la mémoire des femmes ouvrières, le quotidien de la « main d’œuvre féminine » de l’époque. Inspirée par l’histoire de la Factrie 701, de l’ancienne manufacture de chemises surnommée « la Shop à chemises » de Grand-Mère, l’exposition collective regroupera des œuvres de trois femmes artistes bien établies dans le monde des arts et de l’entreprenariat artistique de la Mauricie. Il est question d’une rencontre entre l’univers de Danielle Julien, de Jo Ann Lanneville ainsi que celui d’ Alejandra Basanes. Femmes au moulin est aussi un événement de poésie qui donnera place à la voix au féminin, qui regroupera la poétesse Monique Juteau, avec son texte inspiré de la Factrie et tiré de son recueil Grains de riz (Écrits des Forges) ainsi que Liliane Pellerin et Mayra Bruneau Da Costa qui nous dévoileront leur texte inédit lors du vernissage.  

Danielle Julien, fondatrice de la Factrie 701

Au fil des années, son lieu de travail est devenu une source d’inspiration importante, une sorte d’incubateur. La Factrie 701 est une ancienne manufacture de chemises empreinte d’une mémoire tissée de courage, de doigté des femmes et des jeunes filles de l’époque. Son travail gravite autour d’objets récupérés, de matières brutes et naturelles qui portent une histoire, une mémoire qu’elle réactualise dans un contexte contemporain.

Les œuvres présentées dans Femmes au moulin, ouvrent une voie sur ce qui les a façonné au fil des générations. Par le travail des femmes de cette période, ces œuvres portent un temps accompli, révolu. L’étoffe, les tissus, les centres de tables crochetés par sa grand-mère génèrent une fibre féminine, délicate et forte par le tissage. Les aiguilles entre les planches résonnent afin de ne pas oublier le bruit assourdissant des moulins à coudre. L’artiste travaille avec des sachets de thé un peu à la manière de l’artisane, tout comme les couturières qui intègrent une cadence répétitive de mouvements, un rythme qui suscite un état méditatif.

Jo Ann Lanneville

Jo Ann Lanneville vit et travaille à Trois-Rivières, Québec. Principalement connue pour son travail en gravure, elle a réalisé plus d’une quarantaine d’expositions individuelles présentées au Canada et dans plus d’une douzaine de pays à travers le monde. Son travail est sélectionné dans les plus grandes manifestations en estampe sur la scène internationale. Jo Ann Lanneville est lauréate de plusieurs prix, au Québec et à l’étranger, notamment le Grand Prix de la biennale internationale Bharat Bhavan de Bhopal en Inde, le Prix du Salon de l’estampe de Paris, le Prix Invitation de la Biennale internationale d’estampe de Wrexham au Royaume-Uni, le Prix artistique du Conseil des arts et lettres du Québec. Jo Ann Lanneville est cofondatrice de l’Atelier Presse Papier et de la Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières.

L’artiste nous présentera des œuvres tirées de la série Raccommoder la mémoire et Robes blanches pour des jours plus gris à travers lesquelles elle s’est intéressée à représenter différentes conditions féminines dans toutes leurs formes de dissolution: les quêtes, les interrogations, le rapport à l’autre, la solitude, la mort, l’oubli.

Alejandra Basanes

Immigrée au Québec en 2003, elle est diplômée en arts visuels de l’Université nationale de San Juan (Argentine). Elle détient également une licence en arts plastiques de l’Université Paris VIII et une maîtrise en arts visuels à l’Université Laval, à Québec. Elle a suivi plusieurs cours de perfectionnement au Québec, en Argentine et en Italie, notamment en lithographie, en verre et en sérigraphie. Membre de l’Atelier Presse Papier, l’artiste a participé à un grand nombre d’expositions collectives et individuelles, ici et à l’étranger. Elle a réalisé des expositions en dessin, estampe et installation en Argentine, en France et au Québec, entre autres. Son travail de longue haleine lui a valu la reconnaissance du Prix Charles-Biddle 2019, du ministère de l’Immigration et de la Francisation, qui souligne l’apport exceptionnel d’un immigrant à la culture québécoise ; ainsi que le Prix Télé-Québec « Ces femmes qu’on tue » de la Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières (BIECTR) 2021 et le Prix Arts Excellence – Médiation culturelle « À chacun son histoire » 2023, entre autres.  

Au cœur de sa démarche artistique, la femme devient le centre de la réflexion et de la mémoire. En prenant pour point de départ un objet simple, le fer à repasser, l’artiste interroge l’histoire silencieuse du travail domestique et la manière dont il a façonné, marqué et parfois aliéné la vie des femmes. Recréé en verre, imprimé et extrait de son contexte d’usage, le fer à repasser se transforme en monumentum. Il ne se réduit plus à sa fonction utilitaire, mais devient un symbole chargé de mémoire, reliant le passé, le présent et le futur des femmes.

Monique Juteau

Née en 1949, Monique Juteau est une romancière et poète québécoise. Détentrice d’un baccalauréat en langue française, option théâtre, de l’Université de Sherbrooke ainsi qu’une maîtrise en études littéraires de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Juteau publie plusieurs titres dont Des jours de chemins perdus et retrouvés (1997), Des lieux des villes un chou-fleur (2008), Voyage avec ou sans connexion (2015), Les Lalancette (2016), Tête à poux suivi de Poèmes navigables (2017), Le marin qui n’arrive qu’à la fin (2020) ainsi que Grains de riz (2025). En plus de faire de la performance et de réaliser des projets artistiques interactifs, Juteau collabore également à la réalisation de plusieurs livres-objets en collaboration avec des graveurs de l’atelier Presse Papier de Trois-Rivières. Récipiendaire du Prix de littérature Gérald-Godin (1998), du Prix de poésie Félix-Antoine-Savard (2001), elle remporte également l’un des grands prix littéraires Radio-Canada, catégorie Récit de voyage (2002), le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec de la région du Centre-du-Québec (2016) ainsi que le Prix Adagio (2023).

Liliane Pellerin

Liliane Pellerin est artiste de la parole. Elle fait paraître quatre opus teintés de la création collective : Grignoter l’exil (2015), Dans l’ventre du pays pèlerin (2018), Pays pèlerin (Fränze Remixe) (2022) et Avant que les oiseaux se taisent (2024), un album électro-folk écrit comme un acte de survivance. Cet album est honoré par le prix Art de la scène des prix Art Excellence de Culture Mauricie en avril 2025. Après l’École nationale de la chanson, elle fait grandir sa pratique dans les chemins escarpés de la nécessité. C’est là qu’elle s’initie aux travaux de Pol Pelletier, pédagogue féministe auprès de laquelle elle entame une démarche de recherche sur la présence authentique dans l’acte de créer et l’acte de se mettre en scène.

Artiste autodidacte, aussi intervenante sociale avec une expertise en inclusion sociale par les arts, elle articule sa démarche artistique autour d’une réflexion sur l’humain.e. Elle dirige la création des recueils inclusifs Le peuple arpenteur (2018) et Sonder la terre (2021). Depuis 2022, elle s’implique auprès d’organismes pour femmes de la Mauricie en proposant des ateliers d’écriture introspective et un spectacle dialogue. En mars 2024, elle reçoit le prix Médiation Culturelle des prix Art Excellence de Culture Mauricie pour ce projet d’art relationnel. De plus en plus reconnue dans sa propre région pour l’ensemble de sa démarche, elle reçoit en octobre 2024 le prix Art et Culture du Gala Distinction Desjardins, décerné par Culture Shawinigan. Mars 2025 voit naitre Le fil, une exposition de lettres, poésies et sérigraphies à La Factrie 701 dont la démarche a poursuivi la rencontre d’écriture avec différents groupes de femmes de la Mauricie: là où l’intime parle au Nous. 

Mayra Bruneau Da Costa

Née à Trois-Rivières en 1990, Mayra Bruneau Da Costa est maître-glacière et artiste multidisciplinaire. Initiée au théâtre par son père et aux arts visuels par sa mère, Mayra a fait ses études primaires et secondaires en musique, ses études collégiales en danse contemporaine et son diplôme supérieur en études féministes. Elle étudie actuellement les arts visuels à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle a publié Fragments de monstres aux Éditions Mains libres (2022) et des poèmes dans la revue de poésie Exit. Elle participe à de nombreuses lectures publiques depuis 2009, entre autres, au Festival international de poésie de Trois-Rivières ainsi qu’au Festival de poésie de Montréal. Cartographie des apôtres à deux sucres est son deuxième recueil. En 2026, elle est invitée d’honneur au Salon du livre de Trois-Rivières et finaliste pour le Prix des Nouvelles voix de la littérature 2026.

Vernissage:

Vendredi 13 mars 2026 en formule 5 à 7

Exposition ouverte au public :

Les samedis et dimanches du 14 mars au 12 avril 2026 de 13h à 16h